{"id":342,"date":"2016-10-14T14:00:06","date_gmt":"2016-10-14T12:00:06","guid":{"rendered":"https:\/\/gbindoun.com\/wpgb\/?page_id=342"},"modified":"2016-10-14T14:00:06","modified_gmt":"2016-10-14T12:00:06","slug":"oeuvres-2011-2013","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/gbindoun.com\/archives\/galerie-oeuvres-peintures-art-brut-anne-marie\/oeuvres-2011-2013\/","title":{"rendered":"Oeuvres 2011-2013"},"content":{"rendered":"<h2>Texte de G\u00e9rard Salem pour l\u2019exposition de f\u00e9vrier 2013<\/h2>\n<p>Qui veut d\u00e9crire les tableaux d&rsquo;Anne-Marie Gbindoun s&rsquo;expose \u00e0 une sorte de saut \u00e0 l&rsquo;\u00e9lastique, tant il est vrai que chacun de ces tableaux, comme leur ensemble \u00e9chappent aux descriptions coh\u00e9rentes et ordonn\u00e9es d&rsquo;une \u0153uvres d&rsquo;art. Dans celle d\u2019Anne-Marie, les couleurs et les \u00e9l\u00e9ments formels capturent votre regard tout en s&rsquo;y d\u00e9robant. Cela produit un curieux effet m\u00eal\u00e9 de fascination et de distanciation. Non pas que la peinture s&rsquo;efface et disparaisse, comme c&rsquo;est le cas de ces fresques pari\u00e9tales dans les sous-sols de Rome au moment o\u00f9 on les expose aux effluves d\u2019oxyg\u00e8ne. Ici, tout demeure sous vos yeux. C&rsquo;est leur apparence qui ne cesse de se modifier. La surface de la toile danse et miroite en un mouvement continu, et pas seulement sur les quelques peintures ex\u00e9cut\u00e9es sur des t\u00f4les ondul\u00e9es.<\/p>\n<p>Vous croyez par exemple avoir saisi une silhouette, voil\u00e0\u0300 qu&rsquo;elle se transforme, devient visage puis multitude de visages, grouillement de formes abstraites, d\u00e9dale piran\u00e9sien une force expressive intense se d\u00e9gage de ces semblants d&rsquo;anamorphoses en trompe-l\u2019\u0153il.<\/p>\n<p>Certes, direz-vous, son \u0153uvre s&rsquo;inscrit dans le courant de visiblement l\u2019expressionnisme abstrait. Et vous croirez tenir une piste. Violence des couleurs, contrastes brutaux \u00e0 la Kirchner, r\u00e9p\u00e9titions obs\u00e9dantes des motifs, escalade de l\u2019intensit\u00e9\u0301 color\u00e9e vers la clart\u00e9 et les blancs immacul\u00e9s, puis atomisation des pigments sur toute la surface de la toile. Les proc\u00e9d\u00e9s techniques sont d&rsquo;une grande diversit\u00e9 : travail au pinceau ou \u00e0 son manche, \u00e0 la truelle ou \u00e0 la spatule. <em>dripping<\/em> fougueux \u00e0 la Pollock, gestes amples et spontan\u00e9s \u00e0 la Basquiat. A quoi s&rsquo;ajoute le travail en profondeur du mat\u00e9riau, les reliefs au papier de riz, les perc\u00e9es au couteau qui ajourent certaines toiles et rappellent les d\u00e9chirements th\u00e9matiques sugg\u00e9r\u00e9s par l\u2019ensemble de l&rsquo;\u0153uvre.<\/p>\n<p>Mais par endroits, la lumi\u00e8re se fait plus douce. Voil\u00e0 qu&rsquo;elle irise soudain ces formes fuyantes. Ce sont des mosa\u00efques d\u2019\u00e0-plats color\u00e9s \u00e0 la Klee, jaillis du clair-obscur et des ressassements obs\u00e9dants. Tout se met \u00e0 p\u00e9tiller en une joyeuse incandescence. Un paradoxe vous saute alors au visage : ce que vous \u00eates en train de contempler est une <em>trag\u00e9die qui jubile<\/em>\u2026 Le sentiment d&rsquo;\u00e9tranget\u00e9 qui s&#8217;empare alors de vous rappelle la curieuse all\u00e9gresse qui se d\u00e9gage des chairs sanguinolentes ou d\u00e9liquescentes de Francis Bacon. Par exemple ces six toiles au petit format, double triptyque aux couleurs lumineuses, semblent autant de fen\u00eatres d\u00e9coupant un paysage plut\u00f4t gai, presque translucide. \u00ab\u00a0Le pays d&rsquo;o\u00f9 je viens, dit Anne-Marie est celui o\u00f9 un enfant part dans tous les sens et se d\u00e9chire en mille morceaux \u00bb. Mais l&rsquo;incandescente lat\u00e9rite des paysages b\u00e9ninois n&rsquo;en garde pas moins sa puissance esth\u00e9tique.<\/p>\n<p>Ces trois derni\u00e8res ann\u00e9es, la cr\u00e9ation d&rsquo;Anne-Marie Gbindoun semble vouloir renouer avec le paysage du drame, davantage qu&rsquo;avec le drame lui-m\u00eame, qui n&rsquo;est plus que pr\u00e9texte \u00e0 peindre. Place aux couleurs plus claires et \u00e0 leurs effervescences. Pour notre plus grande joie.<\/p>\n<p>A quand son <em>Broadway Boogie Woogie<\/em>, fa\u00e7on Cotonou ?<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><em>G\u00e9rard Salem<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Anne-Marie Gbindoun, 16 f\u00e9vrier 2013 &#8211;\u00a0Galerie Edouard Roch &amp; Espace Endives, Ballens-sur-Morges<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Texte de G\u00e9rard Salem pour l\u2019exposition de f\u00e9vrier 2013 Qui veut d\u00e9crire les tableaux d&rsquo;Anne-Marie Gbindoun s&rsquo;expose \u00e0 une sorte de saut \u00e0 l&rsquo;\u00e9lastique, tant il est vrai que chacun de ces tableaux, comme leur ensemble \u00e9chappent aux descriptions coh\u00e9rentes et ordonn\u00e9es d&rsquo;une \u0153uvres d&rsquo;art. Dans celle d\u2019Anne-Marie, les couleurs et les \u00e9l\u00e9ments formels capturent votre regard tout en s&rsquo;y d\u00e9robant. Cela produit un curieux effet m\u00eal\u00e9 de fascination et de distanciation. Non pas que la peinture s&rsquo;efface et disparaisse, comme c&rsquo;est le cas de ces fresques pari\u00e9tales dans les sous-sols de Rome au moment o\u00f9 on les expose aux effluves d\u2019oxyg\u00e8ne. Ici, tout demeure sous vos yeux. C&rsquo;est leur apparence qui ne cesse de se modifier. La surface de la toile danse et miroite en un mouvement continu, et pas seulement sur les quelques peintures ex\u00e9cut\u00e9es sur des t\u00f4les ondul\u00e9es. Vous croyez par exemple avoir saisi une silhouette, voil\u00e0\u0300 qu&rsquo;elle se transforme, devient visage puis multitude de visages, grouillement de formes abstraites, d\u00e9dale piran\u00e9sien une force expressive intense se d\u00e9gage de ces semblants d&rsquo;anamorphoses en trompe-l\u2019\u0153il. Certes, direz-vous, son \u0153uvre s&rsquo;inscrit dans le courant de visiblement l\u2019expressionnisme abstrait. Et vous croirez tenir une piste. Violence des couleurs, contrastes brutaux \u00e0 la Kirchner, r\u00e9p\u00e9titions obs\u00e9dantes des motifs, escalade de l\u2019intensit\u00e9\u0301 color\u00e9e vers la clart\u00e9 et les blancs immacul\u00e9s, puis atomisation des pigments sur toute la surface de la toile. Les proc\u00e9d\u00e9s techniques sont d&rsquo;une grande diversit\u00e9 : travail au pinceau ou \u00e0 son manche, \u00e0 la truelle ou \u00e0 la spatule. dripping fougueux \u00e0 la Pollock, gestes amples et spontan\u00e9s \u00e0 la Basquiat. A quoi s&rsquo;ajoute le travail en profondeur du mat\u00e9riau, les reliefs au papier de riz, les perc\u00e9es au couteau qui ajourent certaines toiles et rappellent les d\u00e9chirements th\u00e9matiques sugg\u00e9r\u00e9s par l\u2019ensemble de l&rsquo;\u0153uvre. Mais par endroits, la lumi\u00e8re se fait plus douce. Voil\u00e0 qu&rsquo;elle irise soudain ces formes fuyantes. 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