{"id":56,"date":"2016-10-06T15:20:25","date_gmt":"2016-10-06T13:20:25","guid":{"rendered":"https:\/\/gbindoun.com\/wpgb\/?page_id=56"},"modified":"2016-10-14T10:38:42","modified_gmt":"2016-10-14T08:38:42","slug":"oeuvres-2014","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/gbindoun.com\/archives\/galerie-oeuvres-peintures-art-brut-anne-marie\/oeuvres-2014\/","title":{"rendered":"Oeuvres 2014"},"content":{"rendered":"<h2>Texte de G\u00e9rard Salem<\/h2>\n<p><em>D\u00e9crire ou commenter la peinture d&rsquo;Anne-Marie Gbindoun est un exercice d\u00e9licat<\/em><em>, <\/em><em>consistant <\/em><em>avant tout \u00e0 ne pas lui balancer des pav\u00e9s de l\u2019ours, en d\u00e9pit de l\u2019admiration que l\u2019on<\/em> <em>\u00e9prouve pour ses cr\u00e9ations. On se souvient que lors de sa derni\u00e8re exposition \u00e0 Ballens, en f\u00e9vrier 2013, elle pr\u00e9sentait au public ses \u0153uvres r\u00e9alis\u00e9es au cours des trois ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dentes. Les \u00e9l\u00e9ments figuratifs <\/em><em>y <\/em><em>apparaissaient d\u00e9j\u00e0 avec plus de nettet\u00e9 et c<\/em><em>&lsquo;<\/em><em>\u00e9tait une <\/em><em>f\u00e9erie de couleurs lumineuses, deux nouveaut\u00e9s qui contrastaient avec les compositions plus sombres et plus denses qui les pr\u00e9c\u00e9daient.<\/em><\/p>\n<p>L&rsquo;exposition actuelle donne un \u00e9chantillon, en dix-neuf tableaux, du travail de cette derni\u00e8re ann\u00e9e. Elle semble confirmer ce mouvement vers d\u2019avantage de lumi\u00e8re, vers cette fa\u00e7on <em>d<\/em><em>\u2019\u00f4ter<\/em> <em>le voile <\/em>comme elle dit elle-m\u00eame, cette fa\u00e7on de mettre son c\u0153ur \u00e0 nu- certes avec sa pudeur habituelle. Me semblent r\u00e9v\u00e9lateurs, par exemple, cet <em>Autoportrait <\/em>de dos, figure \u00e9vanescente noy\u00e9e dans une brume laiteuse, ou cette Madone<em> blanche<\/em>, transparente et opaque \u00e0 la fois, comme le n\u00e9gatif d&rsquo;un film, ou ce <em>Couple <\/em>verd\u00e2tre dont l&rsquo;une des faces nous sourit alors que l&rsquo;autre nous toise d&rsquo;un \u0153il aust\u00e8re.<\/p>\n<p>D\u2019autres confidences nous sont faites avec Sortir<em> de la t\u00eate, vision<\/em> hallucin\u00e9e d\u2019une t\u00eate captive \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur d&rsquo;une autre t\u00eate, en pr\u00e9sence de deux t\u00e9moins qui ont l&rsquo;air de ricaner, ou avec <em>La peur, <\/em>distribu\u00e9e sur trois figures au pourpre incandescent, ou si vous pr\u00e9f\u00e9rez avec <em>La t\u00eate \u00e0 l&rsquo;envers<\/em><em>, <\/em>carrousel de faces humaines saisies dans une gel\u00e9e safran\u00e9e. L&rsquo;artiste a utilis\u00e9 pour cette nouvelle s\u00e9rie d\u2019\u0153uvres la technique mixte, qu&rsquo;elle affectionne et qu&rsquo;elle ma\u00eetrise depuis longtemps. Le trait est, comme d&rsquo;habitude, magnifiquement libre et puissant. Quand on se m\u00eale de passer en revue ses toiles, cela devient une excursion aventureuse, ou mieux, une \u00ab incursion \u00bb aventureuse dans <em>l&rsquo;espace du dedans, <\/em>pour reprendre la formule de Michaux. Nous progressons au plus intime d&rsquo;une caverne, munis d&rsquo;une simple torche, \u00e0 la recherche de je ne sais motifs pari\u00e9taux. Et voil\u00e0 que des parois surgissent, improbables apparitions, des figures solitaires ou des groupuscules humains. Mais cette fois, on dirait que les l\u00e9mures d\u2019Anne-Marie Gbindoun osent davantage s\u2019exposer aux lueurs de la torche. Jaillis de l&rsquo;ombre, les voil\u00e0 plus incarn\u00e9s, plus pr\u00e9sents et l\u00e2chons le mot, plus figuratifs, sans perdre de leur inqui\u00e9tante immanence.<\/p>\n<p>C&rsquo;est avec un plaisir teint\u00e9 \u00e9videmment d&rsquo;appr\u00e9hension que je me risquerai \u00e0 commenter les tableaux de cette nouvelle cuv\u00e9e, en pr\u00e9sence de l\u2019artiste et de ses aficionados, dans la belle galerie d&rsquo;Edouard Roch \u00e0 Saliens (au demeurant fort bien \u00e9clair\u00e9e et non r\u00e9ductible \u00e0 une caverne obscure). Le texte ci-joint apporte quelques reflets de l&rsquo;exposition de l&rsquo;ann\u00e9e pass\u00e9e, et me servira de point de comparaison pour tenter de saisir, avec les personnes pr\u00e9sentes, quelques aspects de l&rsquo;\u00e9volution du travail d&rsquo;Anne-Marie Gbindoun.<\/p>\n<p><em>G\u00e9rard Salem,\u00a0essayiste et m\u00e9decin-psychiatre lausannois<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Texte de G\u00e9rard Salem D\u00e9crire ou commenter la peinture d&rsquo;Anne-Marie Gbindoun est un exercice d\u00e9licat, consistant avant tout \u00e0 ne pas lui balancer des pav\u00e9s de l\u2019ours, en d\u00e9pit de l\u2019admiration que l\u2019on \u00e9prouve pour ses cr\u00e9ations. On se souvient que lors de sa derni\u00e8re exposition \u00e0 Ballens, en f\u00e9vrier 2013, elle pr\u00e9sentait au public ses \u0153uvres r\u00e9alis\u00e9es au cours des trois ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dentes. Les \u00e9l\u00e9ments figuratifs y apparaissaient d\u00e9j\u00e0 avec plus de nettet\u00e9 et c&lsquo;\u00e9tait une f\u00e9erie de couleurs lumineuses, deux nouveaut\u00e9s qui contrastaient avec les compositions plus sombres et plus denses qui les pr\u00e9c\u00e9daient. L&rsquo;exposition actuelle donne un \u00e9chantillon, en dix-neuf tableaux, du travail de cette derni\u00e8re ann\u00e9e. Elle semble confirmer ce mouvement vers d\u2019avantage de lumi\u00e8re, vers cette fa\u00e7on d\u2019\u00f4ter le voile comme elle dit elle-m\u00eame, cette fa\u00e7on de mettre son c\u0153ur \u00e0 nu- certes avec sa pudeur habituelle. Me semblent r\u00e9v\u00e9lateurs, par exemple, cet Autoportrait de dos, figure \u00e9vanescente noy\u00e9e dans une brume laiteuse, ou cette Madone blanche, transparente et opaque \u00e0 la fois, comme le n\u00e9gatif d&rsquo;un film, ou ce Couple verd\u00e2tre dont l&rsquo;une des faces nous sourit alors que l&rsquo;autre nous toise d&rsquo;un \u0153il aust\u00e8re. D\u2019autres confidences nous sont faites avec Sortir de la t\u00eate, vision hallucin\u00e9e d\u2019une t\u00eate captive \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur d&rsquo;une autre t\u00eate, en pr\u00e9sence de deux t\u00e9moins qui ont l&rsquo;air de ricaner, ou avec La peur, distribu\u00e9e sur trois figures au pourpre incandescent, ou si vous pr\u00e9f\u00e9rez avec La t\u00eate \u00e0 l&rsquo;envers, carrousel de faces humaines saisies dans une gel\u00e9e safran\u00e9e. L&rsquo;artiste a utilis\u00e9 pour cette nouvelle s\u00e9rie d\u2019\u0153uvres la technique mixte, qu&rsquo;elle affectionne et qu&rsquo;elle ma\u00eetrise depuis longtemps. Le trait est, comme d&rsquo;habitude, magnifiquement libre et puissant. Quand on se m\u00eale de passer en revue ses toiles, cela devient une excursion aventureuse, ou mieux, une \u00ab incursion \u00bb aventureuse dans l&rsquo;espace du dedans, pour reprendre la formule de Michaux. Nous progressons au plus intime d&rsquo;une caverne, munis d&rsquo;une simple torche, \u00e0 la recherche de je ne sais motifs pari\u00e9taux. Et voil\u00e0 que des parois surgissent, improbables apparitions, des figures solitaires ou des groupuscules humains. Mais cette fois, on dirait que les l\u00e9mures d\u2019Anne-Marie Gbindoun osent davantage s\u2019exposer aux lueurs de la torche. Jaillis de l&rsquo;ombre, les voil\u00e0 plus incarn\u00e9s, plus pr\u00e9sents et l\u00e2chons le mot, plus figuratifs, sans perdre de leur inqui\u00e9tante immanence. C&rsquo;est avec un plaisir teint\u00e9 \u00e9videmment d&rsquo;appr\u00e9hension que je me risquerai \u00e0 commenter les tableaux de cette nouvelle cuv\u00e9e, en pr\u00e9sence de l\u2019artiste et de ses aficionados, dans la belle galerie d&rsquo;Edouard Roch \u00e0 Saliens (au demeurant fort bien \u00e9clair\u00e9e et non r\u00e9ductible \u00e0 une caverne obscure). Le texte ci-joint apporte quelques reflets de l&rsquo;exposition de l&rsquo;ann\u00e9e pass\u00e9e, et me servira de point de comparaison pour tenter de saisir, avec les personnes pr\u00e9sentes, quelques aspects de l&rsquo;\u00e9volution du travail d&rsquo;Anne-Marie Gbindoun. 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