{"id":67,"date":"2016-10-06T15:52:26","date_gmt":"2016-10-06T13:52:26","guid":{"rendered":"https:\/\/gbindoun.com\/wpgb\/?page_id=67"},"modified":"2016-10-14T10:40:14","modified_gmt":"2016-10-14T08:40:14","slug":"dessins-ecritures-automatiques","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/gbindoun.com\/archives\/galerie-oeuvres-peintures-art-brut-anne-marie\/dessins-ecritures-automatiques\/","title":{"rendered":"Dessins, \u00e9critures automatiques"},"content":{"rendered":"<h2>Texte de Lucienne Peiry<\/h2>\n<p>Lorsque Anne-Marie Gbindoun a d\u00e9cid\u00e9, il y a huit ans, de se confier \u00e0 ses carnets pour y raconter \u00ab\u00a0ce qui s&rsquo;\u00e9tait pass\u00e9\u00a0\u00bb, elle a \u00e9t\u00e9 elle-m\u00eame surprise de voir que son \u00e9criture se r\u00e9v\u00e9lait d&#8217;embl\u00e9e illisible. Les lettres de l&rsquo;alphabet laissaient la place \u00e0 des signes graphiques personnels. Souples et d\u00e9li\u00e9s, les trac\u00e9s improvis\u00e9s s&rsquo;inscrivaient et se bousculaient avec fi\u00e8vre sur le papier, page apr\u00e8s page. La jeune femme avait lib\u00e9r\u00e9 en elle des pulsions cr\u00e9atrices qui donnaient corps \u00e0 des inscriptions insoup\u00e7onn\u00e9es.<\/p>\n<p>Cette singuli\u00e8re \u00e9criture, d\u00e9gag\u00e9e du syst\u00e8me alphab\u00e9tique, s&rsquo;est peu \u00e0 peu d\u00e9tach\u00e9e aussi de la lin\u00e9arit\u00e9, et des figures humaines ont fait irruption. Anne-Marie Gbindoun sait pr\u00e9cis\u00e9ment identifier ces groupes de silhouettes, issues de sa m\u00e9moire meurtrie, mais elle parvient \u00e9galement \u00e0 leur donner un caract\u00e8re symbolique, en n&rsquo;\u00e9voquant ainsi qu&rsquo;\u00e0 demi-mots le drame qui se lit en filigrane.<\/p>\n<p>Anne-Marie Gbindoun cr\u00e9e sans esquisse ni dessin pr\u00e9paratoire. Aucune id\u00e9e pr\u00e9con\u00e7ue ne pr\u00e9side \u00e0 la r\u00e9alisation de ses compositions. Elle suit chaque matin un rituel simple, commen\u00e7ant par boire plusieurs tasses de th\u00e9, avant de s&rsquo;installer \u00e0 sa table de travail et de choisir parmi ses feutres celui \u00e0 la pointe \u00e9mouss\u00e9e ou celui \u00e0 la pointe nette. Favorisant un \u00e9tat de r\u00e9ceptivit\u00e9 et d&rsquo;\u00e9motion, elle donne alors libre cours \u00e0 son imagination et laisse courir dans un geste h\u00e2tif les signes d&rsquo;encre sur le papier. \u00ab\u00a0Je ne suis plus l\u00e0, je suis dans les sph\u00e8res invisibles\u00a0\u00bb, dit-elle. La cr\u00e9ation n&rsquo;est ni d\u00e9cid\u00e9e ni dirig\u00e9e, elle advient.<\/p>\n<p>Pour r\u00e9aliser ses oeuvres les plus r\u00e9centes, Anne-Marie Gbindoun a continu\u00e9 de travailler dans des cahiers (dont les feuilles ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9tach\u00e9es pour cette exposition), trouvant dans ce support une dimension intime n\u00e9cessaire \u00e0 son expression. On comprend ais\u00e9ment qu&rsquo;elle continue d&rsquo;appeler ses nouvelles compositions \u00ab\u00a0mes \u00e9critures\u00a0\u00bb, tant elles ont gard\u00e9 un caract\u00e8re nettement scriptural. Y compris les t\u00eates qui surgissent isol\u00e9ment sur la page, et qui constituent des autoportraits troublants.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.notesartbrut.ch\" target=\"_blank\">Lucienne Peiry<\/a>, Docteure en histoire de l&rsquo;art, sp\u00e9cialiste d&rsquo;Art Brut, commissaire d&rsquo;expositions, conf\u00e9renci\u00e8re et auteure d&rsquo;ouvrages<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Texte de Lucienne Peiry Lorsque Anne-Marie Gbindoun a d\u00e9cid\u00e9, il y a huit ans, de se confier \u00e0 ses carnets pour y raconter \u00ab\u00a0ce qui s&rsquo;\u00e9tait pass\u00e9\u00a0\u00bb, elle a \u00e9t\u00e9 elle-m\u00eame surprise de voir que son \u00e9criture se r\u00e9v\u00e9lait d&#8217;embl\u00e9e illisible. Les lettres de l&rsquo;alphabet laissaient la place \u00e0 des signes graphiques personnels. Souples et d\u00e9li\u00e9s, les trac\u00e9s improvis\u00e9s s&rsquo;inscrivaient et se bousculaient avec fi\u00e8vre sur le papier, page apr\u00e8s page. La jeune femme avait lib\u00e9r\u00e9 en elle des pulsions cr\u00e9atrices qui donnaient corps \u00e0 des inscriptions insoup\u00e7onn\u00e9es. Cette singuli\u00e8re \u00e9criture, d\u00e9gag\u00e9e du syst\u00e8me alphab\u00e9tique, s&rsquo;est peu \u00e0 peu d\u00e9tach\u00e9e aussi de la lin\u00e9arit\u00e9, et des figures humaines ont fait irruption. Anne-Marie Gbindoun sait pr\u00e9cis\u00e9ment identifier ces groupes de silhouettes, issues de sa m\u00e9moire meurtrie, mais elle parvient \u00e9galement \u00e0 leur donner un caract\u00e8re symbolique, en n&rsquo;\u00e9voquant ainsi qu&rsquo;\u00e0 demi-mots le drame qui se lit en filigrane. Anne-Marie Gbindoun cr\u00e9e sans esquisse ni dessin pr\u00e9paratoire. Aucune id\u00e9e pr\u00e9con\u00e7ue ne pr\u00e9side \u00e0 la r\u00e9alisation de ses compositions. Elle suit chaque matin un rituel simple, commen\u00e7ant par boire plusieurs tasses de th\u00e9, avant de s&rsquo;installer \u00e0 sa table de travail et de choisir parmi ses feutres celui \u00e0 la pointe \u00e9mouss\u00e9e ou celui \u00e0 la pointe nette. Favorisant un \u00e9tat de r\u00e9ceptivit\u00e9 et d&rsquo;\u00e9motion, elle donne alors libre cours \u00e0 son imagination et laisse courir dans un geste h\u00e2tif les signes d&rsquo;encre sur le papier. \u00ab\u00a0Je ne suis plus l\u00e0, je suis dans les sph\u00e8res invisibles\u00a0\u00bb, dit-elle. La cr\u00e9ation n&rsquo;est ni d\u00e9cid\u00e9e ni dirig\u00e9e, elle advient. Pour r\u00e9aliser ses oeuvres les plus r\u00e9centes, Anne-Marie Gbindoun a continu\u00e9 de travailler dans des cahiers (dont les feuilles ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9tach\u00e9es pour cette exposition), trouvant dans ce support une dimension intime n\u00e9cessaire \u00e0 son expression. On comprend ais\u00e9ment qu&rsquo;elle continue d&rsquo;appeler ses nouvelles compositions \u00ab\u00a0mes \u00e9critures\u00a0\u00bb, tant elles ont gard\u00e9 un caract\u00e8re nettement scriptural. Y compris les t\u00eates qui surgissent isol\u00e9ment sur la page, et qui constituent des autoportraits troublants. Lucienne Peiry, Docteure en histoire de l&rsquo;art, sp\u00e9cialiste d&rsquo;Art Brut, commissaire d&rsquo;expositions, conf\u00e9renci\u00e8re et auteure d&rsquo;ouvrages<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":13,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"footnotes":""},"class_list":["post-67","page","type-page","status-publish","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/gbindoun.com\/archives\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/67","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/gbindoun.com\/archives\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/gbindoun.com\/archives\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/gbindoun.com\/archives\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/gbindoun.com\/archives\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=67"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/gbindoun.com\/archives\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/67\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":302,"href":"https:\/\/gbindoun.com\/archives\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/67\/revisions\/302"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/gbindoun.com\/archives\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/13"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/gbindoun.com\/archives\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=67"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}